Face à la volonté gouvernementale de démantèlement et de libéralisation, sauvons l'école publique !
Par Olivier Tronel-Boccara le mercredi 25 mars 2009, 19:32 - Société - Lien permanent
Outre la réforme de la formation et du recrutement des enseignants et la remise en cause de la scolarisation des enfants à partir de 3 ans (remplacement par des structures d’accueil privées et payantes), le gouvernement a annoncé la suppression de 13500 postes, dont les emplois liés aux réseaux d’aide spécialisée aux enfants en difficultés (RASED) et ceux liés à la réforme des lycées professionnels.
Depuis plusieurs mois, enseignants, parents d’élèves
et étudiants se mobilisent contre cette liste de réformes, issues
d’un processus de décision unilatéral du gouvernement Sarkozy. La
résistance s’organise à travers de nombreuses actions :
manifestations nationales, grèves, débats et distributions de
tracts, rencontres entre enseignants et parents, « nuits des
écoles »…
A cela, il faut ajouter l’enseignement supérieur et la recherche, avec la réforme du statut des enseignants-chercheurs, la mise en place de l’autonomie des universités sans accompagnement des moyens financiers nécessaires, et la suppression de 900 postes !
Le parti socialiste partage évidemment cette opposition, élus et militants participant aux actions mises en place. Députés et sénateurs socialistes n’ont d’ailleurs cessé d’interpeller Xavier Darcos et Valérie Pecresse sur la nécessité d’abandonner ces réformes désastreuses pour l’avenir de nos enfants et qui contribueront à marquer un point d’arrêt à l’école publique et gratuite pour tous.
A Villeurbanne, où s’est tenue le 24 janvier la première Assemblée Nationale ECOLE EN DANGER - collectif de parents et d’enseignants - de nombreuses manifestations de protestation se sont déroulées dans les écoles de la ville, avec le soutien et la participation des élus et des militants socialistes.
Le 10 Mars , de nombreux parents d’élèves, enfants, étudiants, enseignants et élus locaux, dont le maire Jean-Paul BRET, ont ainsi manifesté dans le centre-ville de Villeurbanne afin d’attirer l’attention sur les dangers pesant sur l’école publique et gratuite, de la maternelle à l’université. La mobilisation n’est pas vaine. Ainsi, la fermeture à la rentrée prochaine de la section primaire de l’établissement régional d’enseignement adapté pour déficients visuels (EREADV) de Villeurbanne, décidée sans concertation avec les familles des 38 élèves scolarisés, a été suspendue. Cette victoire a été possible grâce à la mobilisation et à la fermeté des parents d’élèves, des enseignants et de notre député Pascale CROZON qui avait interpellé Xavier DARCOS à ce propos. Mais elle ne dispense pas d’être vigilant.
Face à la politique de non-négociation instaurée par le gouvernement, la mobilisation ne doit pas faiblir pour refuser les réformes imposées, exiger la création de postes supplémentaires, la prise en charge des enfants en difficulté par des personnels qualifiés, le maintien d’une école gratuite et laïque accessible à tous, la préservation de la liberté pédagogique des enseignants, mais aussi une université ayant les moyens de son ambition, et un statut des enseignants-chercheurs leur permettant d’exercer leur mission au mieux.
Nous, socialistes, élus ou militants, sommes impliqués pour la sauvegarde de l'école publique, la gratuité de son accès, et la qualité de son enseignement.
Pierre HELLE
A cela, il faut ajouter l’enseignement supérieur et la recherche, avec la réforme du statut des enseignants-chercheurs, la mise en place de l’autonomie des universités sans accompagnement des moyens financiers nécessaires, et la suppression de 900 postes !
Le parti socialiste partage évidemment cette opposition, élus et militants participant aux actions mises en place. Députés et sénateurs socialistes n’ont d’ailleurs cessé d’interpeller Xavier Darcos et Valérie Pecresse sur la nécessité d’abandonner ces réformes désastreuses pour l’avenir de nos enfants et qui contribueront à marquer un point d’arrêt à l’école publique et gratuite pour tous.
A Villeurbanne, où s’est tenue le 24 janvier la première Assemblée Nationale ECOLE EN DANGER - collectif de parents et d’enseignants - de nombreuses manifestations de protestation se sont déroulées dans les écoles de la ville, avec le soutien et la participation des élus et des militants socialistes.
Le 10 Mars , de nombreux parents d’élèves, enfants, étudiants, enseignants et élus locaux, dont le maire Jean-Paul BRET, ont ainsi manifesté dans le centre-ville de Villeurbanne afin d’attirer l’attention sur les dangers pesant sur l’école publique et gratuite, de la maternelle à l’université. La mobilisation n’est pas vaine. Ainsi, la fermeture à la rentrée prochaine de la section primaire de l’établissement régional d’enseignement adapté pour déficients visuels (EREADV) de Villeurbanne, décidée sans concertation avec les familles des 38 élèves scolarisés, a été suspendue. Cette victoire a été possible grâce à la mobilisation et à la fermeté des parents d’élèves, des enseignants et de notre député Pascale CROZON qui avait interpellé Xavier DARCOS à ce propos. Mais elle ne dispense pas d’être vigilant.
Face à la politique de non-négociation instaurée par le gouvernement, la mobilisation ne doit pas faiblir pour refuser les réformes imposées, exiger la création de postes supplémentaires, la prise en charge des enfants en difficulté par des personnels qualifiés, le maintien d’une école gratuite et laïque accessible à tous, la préservation de la liberté pédagogique des enseignants, mais aussi une université ayant les moyens de son ambition, et un statut des enseignants-chercheurs leur permettant d’exercer leur mission au mieux.
Nous, socialistes, élus ou militants, sommes impliqués pour la sauvegarde de l'école publique, la gratuité de son accès, et la qualité de son enseignement.
Pierre HELLE
Commentaires
Je copie-colle ici un article sur une mesure prise par Sarkozy. Quand on sait que le petit dernier du président est scolarisé depuis septembre à Dubaï, l'article s'éclaire d'un jour nouveau...
Pendant que le gouvernement ratiboise les effectifs des profs,
Sarkozy veut imposer une réforme géniale. Il a décidé d'offrir aux expatriés la gratuité des écoles et lycées français de l'étranger. Un cadeau sympa, non ? Sauf qu'il va surtout profiter aux plus aisés, et que l'addition, pour l'Etat, s'annonce carabinée. Ces écoles, très cotées étaient jusqu'à présent payantes. Certains lycées sont des établissements publics, d'autres, privés sous contrat.
En tout 160 000 élèves y sont scolarisés, dont 80 000 français. Sous la tutelle du Quai 'Orsay, chaque établissement fixe assez librement ses tarifs et ça atteint des sommets : 5 500 euros l'année à Tokyo, 6 500 à Londres, 15 000 à New York et 17 000 euros -le record- à San Francisco.
Au diable l'avarice! Pour les expatriés modestes, un système de bourses plutôt généreux est déjà en place. A New York, par exemple, il faut gagner moins de 65 000 euros par an -pas vraiment le smic- pour décrocher 4 500 euros d'aide.
Environ un quart des élèves français bénéficient d'une bourse. Mais pour Sarko, ce n'était pas assez. Depuis l'an dernier et à la demande express de l'Elysée, l'Etat prend en charge l'intégralité des frais de scolarité des élèves français de terminale... quels que soient les revenus des parents.
Plus besoin de bourse ! A la rentrée de septembre, ce sera le tour des premières, puis des secondes l'an prochain, et ainsi de suite. "
J'aurais pu commencer la gratuité par la maternelle, a expliqué Sarko, le 20 juin dernier, devant la communauté française d'Athènes. Mais j'ai voulu commencer par l'année la plus chère pour que vous puissiez constater la générosité des pouvoirs publics français." Encore merci !
Mais générosité pour qui ? A Londres, l'une des familles concernées par ce généreux cadeau déclare plus de 2 millions d'euros de revenus annuels. Et deux autres gagnent plus d'un million.
Jusqu'alors, une partie du financement était assurée par des grandes entreprises françaises désireuses d'attirer leurs cadres vers l'étranger. Ces boites, comme Darty ou Auchan, rentrent déjà leur chéquier : pourquoi payer les frais de leurs expat' si l'Etat régale ? Un coût qui fait boum Au Quai d'Orsay, l'Agence française de l'enseignement à l'étranger a simulé le coût de cette plaisanterie mais s'est bien gardé d'en publier le résultat. Lequel est tout de même tombé dans les palmes du "Canard".
D'ici dix ans, appliquée du lycée jusqu'au CP (sans parler de la maternelle), la gratuité coûterait à l'Etat la bagatelle de 713 millions d'euros par an !
Intenable ! La vraie priorité, c'est l'ouverture de nouveaux établissements, pas la gratuité. Mais pourquoi Nicolas Sarkozy s'est lancé la dedans ? Peut-être parce qu'il se sent personnellement concerné par la question : après avoir été annoncé à New York puis à Londres, petit Louis est finalement inscrit au lycée français de Doha...
Et il va falloir payer ! Auditionné par le Sénat à la fin juin, Bernard Kouchner n'a pas nié ces menus "inconvénients". Son cabinet songe d'ailleurs à couper la poire en deux : une gratuité partielle... mais toujours sans conditions de revenus. Sauf que, pour le moment, Sarko n'en veut pas. "Je tiens beaucoup à la gratuité", s'entête-t-il à chaque déclaration à l'étranger. Sans prendre le temps de préciser comment sera financée cette très généreuse gratuité !
Sidérant ce que tu nous indiques Frédéric. Surtout quand on voit l'augmentation des frais d'inscription aux universités (avec des montants assez disparates entre universités et très élevés dans certaines d'entre elles) et la volonté de mettre en place des structures payantes pour l'accueil des enfants dès deux ans.
Nicolas Sarkozy illustre bien le fameux diction: "on n'est jamais si bien servi que par soi même"...
D’accord pour défendre l’école publique. Doit-on, malgré cela, faire l'économie de réforme nécessaire ?
Je crois qu'aujourd'hui, l'école ne remplie pas le rôle que lui avait assigné Jules Ferry. Elle a perdu sa capacité d'intégration et se cantonne à formater des élèves aux profils bien calibrés méprisant ceux qui sont hors norme. C’était en filigrane ce que disait l’enquête PISA de L'OCDE réalisée en 2006. Nous avons reculé 10ième à la 17ième place sur un classement de 40 pays. Mais surtout, s’ajoute à cette dégradation le fait que notre éducation produit plus d'élèves en échec scolaire et aussi moins d'excellence. A la défense des RASED ne serait-il pas préférable de travailler pour en éviter la nécessité ? Les élèves en difficulté ne sont que le résultat du système, faut-il penser la plaie ou éviter d’en faire ?
Autre sujet d’éducation : l’université. Depuis début mars une minorité empêche, parfois violement, une majorité d’élève de suivre les cours. Il s’agit de privation de liberté fondamentale décidée selon un processus non démocratique : les AG où le vote à main levée, pratiques d’un autre temps est encore la règle, imprécision, influence c’est le règne de l’arbitraire qui aura marqué ce semestre pour les étudiants.
La grève qui s’éternise ne suscite pas les réactions dignes des enjeux de la part du PS. Dans son rôle d’opposant il préfère l’échec espéré de Valérie Pécresse qui sonnerait comme une victoire au mépris de la dégradation de l’image de l’université et des élèves qui essayent aujourd’hui simplement de suivre leurs cours. On assiste silencieusement à une crise majeure qui détournera pour longtemps les meilleurs éléments, élèves et professeurs, de l’université.
La lutte contre la réforme largement critiquable doit-elle forcément s’habiller de désordre et d’autoritarisme ? Nous avons dans nos rangs des gens motivés et capables, que font-il ? N’oublions pas que c’est aujourd’hui l’un des derniers espaces d’une éducation non sélective et gratuite, c’est peut être d’un temps révolu? Résistons mais pas dans la chianlie !
C'est juste. Il faut faire avancer l'école. L'école doit évoluer, pour mieux remplir ses missions. Les réformes en cours ont de nombreux défauts. La meilleure réponse est de leur opposer un autre projet pour l'école, et surtout pas la conservation d'un ordre établi. En résumé : Il faut bouger, mais dans le bon sens !
Merci de ta réponse Frédéric. Mais rien sur l'université !
Je me demande comment interpréter le silence du PS ?
Les principales victimes sont les étudiants aux faibles revenus qui ont quasiment perdu leur année et garderons l’image de ce désordre jusque dans leur vie professionnelle. Je parle de la minorité silencieuse, des gens qui veulent juste travailler... J'ai dit un gros mot ?
Les meneurs du mouvement eux s'en sortiront, les grandes gueules s'en sortent toujours, comme les fils à papa.
Et pour les autres, le PS était où ?
Franchement, pas étonnant que dans un contexte qui devrait lui être favorable il perde encore des points dans les sondages.
Il y a pour moi un lien direct entre cette attitude complaisante à l’égard des semeurs de troubles autrement appelés « Bloqueurs » et le décrochage du PS.
Plus centré sur des luttes internes et un échec jamais digéré, il privilégie la critique et fait de la contestation son moteur principal d’où sa complaisance pour les mouvements d’extrème gauche, acteurs principaux du mouvement. Les Français ne voteront jamais pour des contestataires, ils préfèrent, quitte à n’acheter qu’une illusion, voter pour un personnage qui les fait rêver. Il faut des propositions, vite. Il faut aussi de la responsabilité, ce qui s’est passé dans les universités ne le démontre pas.