Ne peut-on pas par exemple interroger le risque d’atteintes aux libertés individuelles et collectives que fait peser une conception ultra-libérale de la politique européenne ? Qu’on se souvienne de la directive « service», dite «Bolkenstein», qui prônait une mise en concurrence de tous les espaces socio-économiques et l’abandon des services publics locaux… Le démantèlement actuellement en cours du service public de la santé (loi Bachelot) après celui de la Poste (que nous chantions à la manifestation, du 19 mars dernier) et de France-Télécom, et les autres à venir, ne signifie-t-il pas l’abandon de la garantie d’un état impartial garant de la liberté de tous ? Qu’on se souvienne de la loi «Perben II», des enfants reniflés en classe par des chiens policiers… L’actualité, ces jours-ci, c’est aussi la protestation contre le délit de solidarité, avec les manifestations auxquelles nous nous sommes associés et, au cinéma, «Welcome », de Philippe Lioret, qui demande la modification de l'article L.622-1 du code d'entrée et de séjour des étrangers, punissant de cinq ans d'emprisonnement et de 30.000 € d'amende toute personne qui apporte son aide à un étranger en situation irrégulière. Le PS a déposé une proposition de loi visant à le supprimer . Vincent Lindon est venu lui-même en chercher le texte, qui sera débattu le 30 avril à l’assemblée nationale. Qui peut croire que la politique d’immigration que met en œuvre Nicolas Sarkozy n’a pas ses tenants et ses aboutissants dans la conception qu’il a de l’Europe ? Alors, mes chers camarades, si vous pensez comme moi que le sujet des libertés est sous-jacent à tous les autres, et qu’il est important aussi d’en parler à propos des élections européennes, je vous propose de vous reporter à la lecture de «La France des libertés surveillées » publiée par le P.S. et téléchargeable sur le site national du parti (http://www.parti-socialiste.fr/) ou - pour une lecture plus classique de cet abécédaire implacable clair et précis - , l’ouvrage en lui-même (il coûte 5 € !). Tant qu’on y est, on pourrait aussi relire «Matin Brun» de Franck Pavloff (1 € maximum dans toutes les bonnes librairies !…) ou reprendre avec Marc Robine son adaptation d’un texte attribué à Louis NEEDERMEYER :
ALERTE
Quand
ils sont venus prendre les juifs,
Je n'ai rien dit, car je n'étais
point juif
Quand ils sont venus prendre les noirs,
J'étais de
ceux qui ne voulaient rien voir.
Quand ils sont venus prendre les
Beurs,
Je n'ai rien fait : je n'étais pas des leurs.
Mais, le
jour où ils viendront me prendre,
Restera-t-il quelqu'un pour me
défendre ?
Que
viva la libertad !
Commentaires
Bonjour, Je pense qu'effectivement, nous vivons globalement dans une société technologique et bien-pensante, donc de plus en plus encadrée (par exemple, je viens de faire 300 km sur autoroute, avec chaque demi-heure, la hantise de tomber sur une caméra ou un radar). Mais ce fait est sociétal , même si notre Président, en perte de vitesse au plan intérieur, essaie-t-il de rejouer, par l'intégration, l'éducation, etc.. la carte sécuritaire pour reconquérir une partie de sa droite. Bon, je ne crois pas sincèrement que les libertés basiques soient menacées à ce point, ni non plus que ce thème soit le meilleur pour le PS pour redynamiser les classes populaires.... même en campagne électorale strictement européenne, n'oublions pas qu'on nous attend aux prochaines grandes échéances sur des sujets liés à la crise, ou à la post-crise, ne croyez-vous pas ? PK
CQFD... Il y a toujours un sujet plus important que celui des libertés jusqu'au jour où... Même si je n'ignore pas les positions du Parti à ce sujet et les respecte. La crise ? L'alternative qu'on propose actuellement aux salariés de Continental est une reprise par un financier de Dubaï... Quelle liberté de choix pour eux ? Lors de la rédaction du code Civil (il n'y avait pas encore de code du travail), deux articles seulement étaient consacrés aux rapports entre salariés et employeurs, au nom du très généreux principe que, "tous les hommes étant libres et égaux en droit", le prolo et le patron étant jugés à égalité dans leurs relations.. Sans rancune !... Léon
Pour revenir à l'économie – et c'est quand même le titre de la rubrique !-le Parti socialiste ne peut faire autrement à l'heure actuelle, que de dénoncer la timidité du plan de relance, y compris dans les secteurs sinistrés (l'automobile). Une des faiblesses de ce plan,par exemple, est de s'appuyer sur un système de "balanciers" sociaux français (chômage,sécu) puissant pour justifier la limitation de l'argent public engagé, ce qui n'est pas le cas aux USA, en GB, en ESPAGNE, où les Etats interviennent plus massivement. Pour le reste tant que la droite libérale sera au pouvoir en FRANCE et en EUROPE, elle gèrera les pb avec des concepts de droite, d'où aussi l'importance de se battre pour installer une Europe socialiste..