La violence à l’école n’est pas une nouveauté. J’ai le souvenir d’un évènement semblable : à l’époque, il y a bientôt 40 ans, école des Charpennes à Villeurbanne, une simple gifle a suffi à calmer l’adolescent rebelle. Le contact humain même brutal peut aussi se montrer bienveillant, tout l’inverse d’une arrestation policière. Aurions-nous abandonné l’autorité partie intégrante de notre devoir de parents ? Il semble que oui. Un sondage mercredi 4 juin indique que 80% des personnes interrogées sont favorables aux portiques. La peur n’est pas bonne conseillère, elle nous fera transformer nos écoles déjà si peu hospitalières, en prisons. J’entends encore les mots d’une enseignante interviewée sur France Télévision : « De l’humain, il faut remettre de l’humain ». Un seul mot peut résumer La solution.

 

A propos du discours de Nicolas Sarkozy, je ne parlerai pas du coût de ces installations (5 à 10 000 Euros pièce), pas non plus de leur entretien, peut-être une solution pour sortir de la crise... Pas un mot sur le temps de passage et les fouilles. Encore moins sur l’effet ghetto pour les « 184 établissements sensibles ». Je ne dirai rien sur ceux qui auront la tache ingrate d’inquisiteur chercheur d’arme, qui seront-ils ? Comment parleront-ils à nos petits ? Par qui seront-ils payés ? Rien sur l’effet désastreux pour nos enfants de la suspicion permanente et des caméras voleuses d’intimité. Le silence enfin sur les mille façons de faire mal, un crayon bien taillé, ça pique et ça peut entrer dans un œil comme le doigt que Xavier Darcos met dans le sien. A l’évidence ces dispositions n’atteindront pas leur cible mais l’objectif est ailleurs : remettre en cause l’ordonnance de 1945. Nos ainés avaient placé l’éducation au-dessus de tout. L’aveuglement de notre gouvernement leur fait croire qu’il suffit de vouloir pour que les choses soient. Faire entrer la police dans les écoles, pénaliser les mineurs et pour avoir la paix, une paix martiale aux mines grises dont nous ne voulons pas.

Ouvrons les yeux sur le présent de notre jeunesse. Mesurons la pression des résultats scolaires : sans le bac, point de salut. Avec le bac il faut encore une école, si possible, grande. Elle sera peut être aussi payante et financée par un prêt étudiant : hypothèque sur le devenir. Regardons l’université : des semaines de grève dans une indifférence coupable. Parmi les premières victimes de la crise, c’est sur les jeunes que la hausse du chômage est la plus lourde. Et quand ils travaillent enfin, quelles responsabilités leur sont confiées ? Pour quels salaires ? Quelle dette leur laissons-nous ? Quelle planète ? N’ont-ils pas quelques bonnes raisons de sonner la révolte… armée ?

 

Mais il y a eu Winnenden et ses 17 morts et aussi le massacre de Columbine, les signes avant-coureurs de crises plus graves sont réels et proches de nous. Ces évènements devraient nous inciter au plus grand sérieux, à plus de responsabilité. N’aggravons pas la situation en traitant les conséquences tout en ignorant des causes. Ne signons pas de preuve de désamour en mettant des machines entre nous et nos enfants. Des propositions de M Darcos, une seule est bonne à mes yeux : le policier référent. Une ébauche de dialogue entre l’autorité et la jeunesse. Tient ça ressemble à la police de proximité ! Nous n’avons pas su la défendre, quelle erreur et quelles conséquences !