L'entreprise est soumise partout où elle est implantée, à une concurrence féroce. La recherche du profit à court terme, implique entre autres :
1/ une innovation technologique à tout prix (en particulier, celles dues au couplage Internet/téléphone/télévision et aux accès à l' l'Internet depuis un téléphone mobile) ;
2/ un recyclage quasi permanent des techniciens, ingénieurs,commerciaux sur ces nouveaux produits, associé à des mutations géographiques et fonctionnelles nombreuses, peu préparées.
L'attachement à une culture publique héritée du passé, la présence d'un management axé essentiellement sur des objectifs personnels reliés aux objectifs financiers, ont conduit en 2008-2009 dans l'entreprise, à une élévation du taux de suicides personnels au-delà de la moyenne générale nationale, certaines lettres de «suicidés» identifiant formellement leur travail comme une des causes principales de leur geste.
Ce n'est que ces dernières semaines que le haut management a vraiment pris conscience du problème. Pressé de réagir en liaison avec les organisations syndicales, des psychologues d'entreprise, etc..., il a instauré :
a/ une période de trois ans de stabilité minimum sur un poste après une mobilité fonctionnelle ou géographique"
b/ d'autres règles d'appréciation du personnel
c/ un point régulier avec les organisations syndicales sur les ambiances de travail (en particulier vis-à-vis du «personnel fragilisé»)
Le cas de France Télécom est intéressant, mais n'est pas unique en termes d'ex- d'entreprises publiques progressivement ouvertes au marché : citons GDF (lors de sa fusion avec SUEZ), EDF - certes avec des différences de culture, de périmètre et de concurrence. Le récent débat sur l'ouverture du capital de La Poste - prémices à la privatisation rampante -, dans lequel le PS a fait entendre depuis longtemps son désaccord, est un autre exemple. Il semble que peu à peu, y compris dans la fonction publique et parapublique, précisément cette «culture publique» soit abandonnée (ce qui recouvre : la régularité du service et des tarifs, l'aménagement du territoire, le lien social etc..), et la rentabilité recherchée à tout prix, notamment par des actionnaires ayant la religion du gain.. On sort à peine d'une crise qui a montré que si la mondialisation est un fait en soi - que la plupart des personnes acceptent -, elle doit être contrebalancée par une régulation des États, dans l'intérêt bien compris du plus grand nombre : de salariés,de ménages, ainsi que des usagers devenus par force des «clients»...
Commentaires
Mon cher Patrick
Tu pointes des problèmes importants. Les vraies questions qui se posent à nous défenseurs du service public sont:
Comment concilier service public et mondialisation?
Comment concilier concurrence et service public?
Dans un contexte de concurrence, quelle régulation de l'Etat pour la survie d'un service public?
En tant que socialiste je me sens fortement interpelé par ces questions. Le rôle de l'Etat est important pour une régulation mais pas suffisant. Les socialistes doivent militer pour l'avènement partout dans le monde d'un Etat réformateur. Actuellement nous socialistes français n'en prenons pas le chemin.
De plus face à la concurrence nous devons changer de mentalités et de pratiques et entrer dans une économie de la connaissance. La France a drôlement pris du retard sur ce terrain qui me semble être une solution possible.
Merci pour tes propos Patrick.
Christophe, nous sommes bien d'accord ; d'ailleurs notre Déclaration de Principe évoque "..une économie mixte combinant un secteur privé dynamique..et des services publics de qualité". Par exemple, l'Etat a des fonctions régaliennes (sécurité,justice,école) où le marché n'a pas sa place. Je suis sûr que da,sdivers domaines, la coopération public-privé existe à VILLEURBANNE (qui pourrait alors servir de "laboratoire" ???) PK