Introduction par Jacky Darne
Remercie Fabienne Atlan, nouvelle secrétaire fédérale en charge de la culture et des savoirs, de son investissement personnel pour cette manifestation et son action dynamique au sein de la fédération.
Il rappelle que Bruno Julliard est lyonnais et s’est distingué par son activisme contre le CPE qui a été un succès.
En tant que 1er fédéral, il considère qu’il est juste de dénoncer avec vigueur toutes les atteintes portées aujourd’hui à l’Education publique, parmi lesquelles on peut citer le manque de moyens humains, financiers et matériels, le non respect des droits de l’enfant. La responsabilité du PS est importante : nous devons proposer un projet solide qui définisse clairement comment aider les jeunes à réussir. Dans une époque pas si lointaine, l’école était le premier facteur d’émancipation, e liberté et de réalisation d’un individu. Aujourd’hui, au contraire et alors que notre société vise la performance, l’inégalité scolaire se creuse de plus en plus. C’est insupportable pour un réseau d’éducation prioritaire. L’école c’est aussi une façon de construire l’avenir et la société qui le vivra, avec ses finalités sociales, humaines, professionnelles et éducatives.
Nous devons donc réfléchir et construire un projet qui abordera tous les thèmes majeurs :
les temps et les rythmes scolaires
les programmes et leur contenu
la place de chacun et la reconnaissance de son travail
la prise en compte de l’évolution des technologies
les valeurs de laïcité….
Le champ de réflexion et d’action est vaste, et le PS doit s’y atteler avec détermination.
Intervention de Bruno Julliard
BJ se félicite de l’organisation de ce débat.
Dans les périodes de crise, on a souvent tendance à se concentrer sur des sujets majeurs (économie, emploi), quitte à négliger un peu d’autres points importants, dont fait partie l’éducation.
Alors qu’il est essentiel que les socialistes prennent ces sujets à bras le corps.
Pour commencer, il est urgent de combattre la politique du gouvernement Sarkozy et d’ailleurs les socialistes ont été parmi les premiers à conduire ces combats.
Quelques chiffres significatifs :
depuis 2008, 13500 suppressions de postes
annoncé pour 2010 : 16000 suppressions
en 10 ans, on estime à 100000 personnes en moins présentes aux côtés des élèves
Toutes les réformes convergent aujourd’hui vers une réduction du système éducatif. Et le PS doit démontrer qu’il y a une volonté déterminée du gouvernement d’affaiblir ce système afin de promouvoir en contrepartie un système éducatif libéral et mercantile.
Quid du contrôle du droit de grève des enseignants ?quid de la suppression des RASED ? Quid de la réduction continue du contenu des programmes du primaire ? Quid de la révision de la carte scolaire ? Quid de la formation, désormais complètement décalée, des enseignants (cf. IUFM) ? Quid des suppressions de postes très largement supérieur dans le public que dans le privé, et ce sans que rien ne le justifie ?
La volonté est, comme le disait JD, de casser les valeurs collectives de progression sociale :
on affaiblit tous azimuts
on démontre que le taux d’échec, précisément généré par cet affaiblissement, est énorme dans le public, ce qui justifie donc que les parents orientent plutôt leurs enfants vers le privé. Ainsi on substitue système en place par un système sur le modèle anglo-saxon, basé le mercantilisme.
C’est une vision libérale de l’éducation désormais conçue comme une part énorme de marché.
Les conséquences désastreuses de cette approche sont déjà visibles. En effet, des études du Ministère de l’éducation nationale montrent d’ores et déjà une baisse du niveau éducatif, c'est-à-dire que la proportion des jeunes qui obtiennent des diplômes élevés est en régression. Ce qui est étonnant dans une société dite progressiste, censée offrir le maximum d’opportunités au maximum de jeunes. On pourrait même constater un décrochage en 2017 !!
Au-delà du combat, le PS peut et doit porter un projet alternatif
En effet, seule l’alternative peut mobiliser en alliant opposition et proposition. Il faut être visible sur ce que nous proposons pour transformer le projet éducatif et donc social.
L’école ne peut pas être un sujet consensuel entre la droite et la gauche : il s’agit d’un véritable affrontement idéologique.
Pour le PS, l’école est là pour transmettre, donner et développer du savoir. Mais c’est aussi une source d’évolution et de progression pour tous les futurs citoyens que sont les enfants. La vision de l’éducation est globale et elle politise l’approche su système éducatif.
C’est une évidence : la réforme du système scolaire sera très difficile.
Le milieu enseignant peut être réticent car trop souvent les réformes engagées ont été synonymes de régression, doublée d’inefficacité. Alors qu’évidemment toute réforme doit aboutir à un changement pour le progrès. Il faut être ambitieux, apporter des moyens et des méthodes structurels.
Parallèlement, on constate une perte d’estime de la société vis-à-vis de l’école, qui n’a pas su accueillir les transformations sociétales.
Quel est le projet alternatif ?
Innovation pédagogique
Revoir les modes de transmission des savoirs.
Exemple : le collège où subsiste une vraie rupture pédagogique entre le CM2 et le passage en 6ème. Les professeurs en collège sont des experts dans leur discipline mais souvent ils n’ont pas la pédagogie nécessaire pour gérer cette rupture. On peut penser à des formations pédagogiques ou à la ^présence de spécialistes en la matière pour accompagner les professeurs dans cette transition.
Par ailleurs les journées scolaires en France sont les plus lourdes d’Europe, alors qu’avec des vacances répétées, le calendrier scolaire est le plus restreint d’Europe. L’objectif serait donc d’allonger l’année scolaire en raccourcissant les journées, amis aussi de revoir les matières enseignées afin de coller au plus près au rythme des élèves et à leurs besoins réels.
Sans aller dans le détail ce soir, il faut afficher ce constat : les marges de manœuvres sont considérables, il existe des expériences locales dont on peut s’inspirer, des projets d’établissement sont dignes de confiance.
Un projet éducatif global
Dépasser le monde de l’école.
Les parents d’élèves ont un rôle fondamental : ce rôle doit être politiquement affiché, traité et accompagné. Il est de la responsabilité de l’école d’associer les parents dans le parcours éducatif de leurs enfants, et, s’ils sont déficients, de prendre leur relais au-delà du seul contexte des journées d’école.
Repenser le rôle des médias et de la communication. Exemple : l’affaiblissement du français est largement constaté et on dénonce soit les enseignants soit les nouveaux usages (mails, SMS). Or ces nouvelles technologies, si elles sont bien mobilisées, peuvent avoir un impact tout à fait différent sur l’apprentissage du français, et contribuer à le développer plutôt que le freiner.
Il faut réfléchir également aux contrats éducatifs locaux sur la base de ceux qui existaient avant le passage à la semaine en quatre jours et qui étaient souvent productifs. Pourquoi ne pas envisager des contrats de ce type qui prendraient en charge l’élève, hors scolarité, tout au long de la semaine ?
De nouveaux contrats métiers de l’éducation et Nation
Cf. le livre « L’élitisme républicain : l’Ecole française à l’épreuve des comparaisons internationales » (Christian Baudelot et Christian Establet au Seuil)
On ne peut pas tout attendre de l’école. En même temps l’estime de la nation pour ses enseignants est essentielle : si une nation n’adhère plus à son école, la détérioration du système est imminente et quasiment imparable.
C’est pourquoi le PS doit proposer un nouveau contrat avec des lignes directrices :
Revalorisation des métiers de l’enseignement avec bien sûr une revalorisation des salaires qui s’impose, mais aussi redonner à l’enseignant sa place fondamentale de « constructeur »
Offrir de nouveaux possibles comme favoriser la mobilité. Elle est beaucoup demandée par certains enseignants et de toute évident, il n’est pas bon d’occuper trop longtemps le même poste au même endroit sous peine d’anesthésie.
Associer les enseignants à la transformation des systèmes. On ne peut envisager un projet sans l’apport conceptuel et technique de l’ensemble des métiers de l’éducation qui le connaissent mieux que quiconque. L’imposer, c’est aller au clash.
Revaloriser les formations professionnelles, initiales et continues, des enseignants et les adapter à la réalité sociétale et ses évolutions.
Revoir les modes de transition du secondaire vers l’enseignement supérieur en termes d’orientation et de débouchés.
Conclusion : une nation qui n’est pas capable d’un investissement massif et sous toutes ses formes (humaines, techniques, sociales, économiques et culturelles) dans son école donne le signe « qu’elle prend l’eau ». Il nous faut donc agir, et vite.
Intervention de Pascale Crozon, députée
Tient à souligner le travail énorme du groupe socialiste à l’Assemblée pour tous les dossiers qui concernent l’école. D’ailleurs une commission Education vient d’être créée et c’est une très bonne chose car elle pourra dédier ses actions aux questions d’éducation.
La loi Carle est aujourd’hui suivie par Michèle Delaunay.
Petit rappel : le 1er « coup de canif » avait été donné en 1959 avec la loi Debré qui instaurait l’égalité de financement public privé sur le territoire communal. Avec cependant une restriction : la commune ne finançait pas pour les enfants inscrits dans le privé à l’extérieur de la commune, sauf ceux qui le faisaient par obligation (familiales, santé).
La loi Carle vise une totale égalité école publique /école privée en terme de financement : au nom de l’égalité de traitement et de liberté des citoyens du choix de leur école, la commune doit financer tous les enfants. La parité de financement est l’argument majeur de l’UMP.
Alors que l’objectif réel de la démarche est bien de mettre l’école publique « encore plus » en difficulté. Rappelons que sur les 24000 suppressions d’emplois évoquées, 23422 concernent le public et 729 le privé !! Alors que ces suppressions auraient tout aussi bien pu être conduites dans le privé.
Nous assistons à un démantèlement de l’école publique en même temps qu’une grave atteinte à la laïcité.
Ouverture du débat avec les participants
Q1 : adjointe aux affaires scolaires. Constate qu’on est désormais obligé de provisionner un budget en rapport avec la loi Carle et destiné au financement des élèves de la commune inscrit à l’extérieur dans le privé. Pour l’équipe municipale c’est un vrai déchirement et vécu comme un surplus d’inégalité plutôt qu’une garantie de parité. Nous devrons être réactifs et faire très vite des propositions lisibles et adaptées.
Réponse immédiate de Pascale Crozon : l’UMP prétend que si les enfants vont au privé c’est que l’école publique n’est plus capable de les éduquer. C’est une volonté évidente de démanteler le public en le ghettoïsant pour favoriser en contrepartie le privé.
Q2 : une enseignante. Que peut-on faire aujourd’hui pour rendre l’école attractive ? Ne peut-on imaginer la révision de certains points tels que la prise en compte des niveaux de savoir plutôt que l’âge des élèves, de façon à ce qu’ils quittent le primaire avec la majorité des savoirs en fonction de leur maturité ?
Q3 : une enseignante syndiquée. L’échec scolaire a toujours existé et pas sûr que ce soit pire maintenant. Mais dans une société où le diplôme est devenu « la » référence, on constate une énorme exigence par rapport à la réussite scolaire. Elle devient une fin en soi, quitte à sacrifier l’évolution naturelle et par là-même le bien-être des élèves.
Il ne faut pas faire des réformes à n’importe quel prix, mais elles sont nécessaires car les enseignants ont le sentiment de se défoncer alors qu’ils sont montrés du doigt comme responsables de la situation ! Par ailleurs, ils ne sont souvent pas prêts aux réformes (on sait ce qu’on tient on ne sait pas ce qui arrive). Il faut donc de la pédagogie pour explique l’intérêt des réformes, les expliquer clairement y compris avec les côtés dérangeants. Enfin, ils ont besoin de reconnaissance au même titre que d’une revalorisation de leurs salaires. Les enseignants sont aujourd’hui désolés de constater que même dans des familles défavorisées, y compris des familles de confession musulmane, on arrive à placer les enfants dans le privé, en pensant que ce sera la solution de tous les problèmes. Ce n’est d’ailleurs jamais le cas mais du coup les enfants sont perturbés. C’est une désolation pour une laïque !
Q4 : une enseignante syndiquée. Quid des rythmes scolaires ? Quand on va en Europe, on constate qu’en général, les après-midi sont libérées pour permettre des activités extrascolaires ou un accompagnement personnalisé. Ne doit-on pas travailler à rendre l’école attractive, donner aux élèves l’opportunité de s’ouvrir l’esprit, de découvrir des domaines en dehors du périmètre scolaire mais complémentaires en terme de connaissances ? Il semble important de penser aussi aux élèves en échec qui pourraient ainsi « réussir » sur des matières habituellement non intégrées au parcours scolaire traditionnel.
A souligner : le PS doit mieux écouter les propositions de la CFDT et du SGEN. Il faut « oser » les réformes, quitte à dire des choses désagréables ou difficiles à entendre.
Q5 : une enseignante en LP. On parle beaucoup des suppressions des postes d’enseignants mais il faut aussi dénoncer les mauvaises conditions d’enseignement pour tous ceux qui pratiquent !
Notons les effectifs beaucoup trop lourds : jusqu’en 2003, les classes pouvaient compter jusqu’à 24 élèves. Au-delà, les classes étaient dédoublées. En 2006, interdiction de dépasser 24 élèves et donc plus de dédoublement possible. Sauf qu’en 2010, on annonce 30 élèves / classe !
En LP, la plupart des élèves sont issus de familles défavorisées et ne bénéficient pas d’accompagnement familial : ce manque génère un gros découragement des élèves alors que les professeurs surchargés sont incapables de suivre les enfants au-delà du temps scolaire. D’ailleurs la plupart des familles n’ont aujourd’hui plus le temps d’accompagner les élèves, d’autant moins lorsqu’ils sont en échec : d’où l’intérêt de ne pas scolariser les après-midis, qui deviendraient un temps possible d’accompagnement.
Il faut enfin souligner un gros problème : les réformes engagées par le gouvernement ont un point commun qui est de ne jamais faire confiance aux jeunes. Cette défiance est le meilleur moyen pour bloquer le système.
Q6 : un collègue de Fabienne Atlan. Il est important d’être dans la construction, et de proposer avec écho ! Il existe es personnes qui se mobilisent pour proposer des aménagements pédagogiques exemplaires, desquels le PS pourrait largement s’inspirer. Le mouvement des désobéisseurs du Rhône compte 300 personnes. Ils auraient souhaité que le PS soutienne plus ouvertement cette désobéissance civile. Il est essentiel de ne pas laisser ces personnes seules quand elles se battent à propos.
Lui-même fait partie du Collectif « Ecole en danger » : ce collectif souhaite également un soutien fort du PS, car sur des enjeux aussi fondamentaux ce parti symbolique des valeurs de la gauche doit s’engager. Toutes ces résistances encore en cours doivent être soutenues par une mobilisation politique.
Q7 : maître de conférences à Lyon 1. Accentue ce qui a été dit. Au cours des 4 derniers mois, les mouvements universitaires ont vigoureusement défendu des valeurs clés de l’enseignement supérieur et de son avenir, notamment la lutte contre un système mercantile de performance.
Le PS a-t-il été suffisamment là : les élèves et les universitaires estiment que non.
L’échéance de 2012 est trop tardive pour engager le combat ouvert : il faut commencer à agir dès maintenant pour enrayer les projets de suite.
Q8 : militant vient d’arriver dans le Rhône et MJS. L’éducation civile et sociale est une matière qui ne fait l’objet que d’une ½ heure hebdomadaire d’enseignement. C’est très insuffisant. L’apprentissage de la citoyenneté est essentiel et doit être réintégré car dans une société très mouvante, c’est un fondamental.
Q9 : un militant très admiratif des actes de résistance au quotidien comme les désobéisseurs. Quels actes peut-on encourager, ou qui pourraient être conduits et largement relayés à tous les niveaux par le PS ?
Q10 : un militant souhaite insister sur la difficulté de relayer le mouvement social en tant qu’élu. L’élu craint toujours l’accusation de récupération du mouvement par le PS. Le juste positionnement entre le politique, le social et le syndicalisme est très difficile. Mais le PS est toujours disponible pour répondre à des mouvements qui le sollicitent.
Q11 : un militant tient juste à dire qu’il est essentiel d’agir avant 2012 et de le faire largement savoir.
Réponses apportées par les intervenants
Intervention de Jacky Darne
Avant de laisser la parole à Bruno, souhaite répondre aux interrogations sur le rôle du PS par rapport avec les mouvements sociaux et leurs protagonistes.
Un rappel : tout adhérent du PS est censé adhérer à une organisation syndicale. Il lui reviendra de s’associer, en tant qu’adhérent de cette organisation, à tous les mouvements sociaux qu’elle conduira. C’est le moyen pour le PS d’être présent sur le terrain, en dehors de l’appartenance politique. Il ne faut pas hésiter à solliciter les militants du PS à chaque fois qu’ils peuvent s’associer à un mouvement à ce titre-là.
Mais il faut savoir que le PS est actif et en aucun cas on ne peut laisser dire qu’il a été absent des combats récents conduits pour la défense du système éducatif.
Le PS a été présent dans toutes les actions locales au sein des communes : contre le suivi des grèves (RSA) avec certaines communes qui ont fait l’objet d’un recours en justice, avec RESF les parrainages d’enfants scolarisés dont les parents sont en situation irrégulière, aux côtés des enseignants et des parents lors des mouvements collectifs ou pour l’occupation des écoles, avec les universités dans leurs revendications pour une autonomie régulée et qui garantisse une égalité de traitement.
Le PS globalement, et la fédération du Rhône en particulier, sont aujourd’hui sur le terrain aux côtés de toutes les forces résistantes locales dès lors qu’elles défendent les valeurs de la gauche progressiste. Et elle a l’ambition de développer toujours plus ces partenariats, sous toutes les formes possibles.
Intervention de Bruno Julliard
Souhaite revenir sur quelques points importants :
La loi Carle : marque une volonté du gouvernement d’instituer un lien clientéliste entre l’élève et le système scolaire. C’est une logique où chaque famille pourrait, en fonction essentiellement de sa situation sociale et de ses moyens, choisir pour ses enfants, l’éducation qui lui convient. Chaque fois qu’il parle de l’éducation, Nicolas Sarkozy aborde le sujet par l’éclairage individuel : la carte scolaire et le droit individuel de choisir son école, le samedi et le droit individuel d’avoir deux journées entières consécutives de repos, etc. Il ya une volonté ferme de réduire le périmètre de l’école afin d’élargir la marge de manœuvre de la famille dans le privé contre financement.
Nous devons répondre à une question essentielle : qu’attend-on de l’école comme socle de connaissance à chacune des étapes de progression des élèves ? Les réponses à cette question définiront le sens donné à l’école, qui ne doit pas rester une seule accumulation de savoirs disciplinaires.
Cette idée ouvre un champ considérable de réformes : c’est en fixant de nouveaux objectifs, en revoyant le contenu de ceux qui seront maintenus, que nous serons capables de construire et proposer un système scolaire solide et attractif.
Evaluation et progression : c’est souvent l’échec qui impose les orientations, mais pas toujours bien choisies ou efficaces. A contrario, le système existant est très adapté aux bons élèves : en gros il « enfonce » les élèves en difficulté, et soutien les plus favorisés. Il faut revoir cette énorme contradiction et trouver des modes de progression innovants, au plus près des élèves concernés, de leurs facilités, de leurs besoins et de leur maturité. Par exemple il faut trouver une alternative au redoublement, dont tout le monde reconnaît l’inefficacité mais qui est la seule issue existante, comme il faut revoir tous les microsystèmes générateurs d’échec.
Attention : le PS n’est pas un syndicat !! Le rôle d’un Parti est de dénoncer, même avec un relais médiatique insuffisant. Un parti doit faire passer les messages, les rendre crédibles et provoquer l’adhésion des personnes aux valeurs qu’il défend. Il doit aussi proposer des alternatives suffisamment claires et en cohérence ave la réalité sociale, en apportant ainsi des arguments solides aux revendications et aux mouvements sociaux. A ce titre-là, si les syndicats ne relaient pas le PS, le PS ne pourra en aucun cas les remplacer. Il s’agit là d’actions complémentaires.
Concernant les désobéisseurs, le PS est d’accord sur le fond des revendications et juge les sanctions prononcées disproportionnées. Mais quid des actions individuelles dont certaines ont pu porter atteinte à la loi ? Là le PS peut être plus réservé.
Eviter de « froisser » le monde enseignant : nous devons construire un discours politique cohérent qui évite un repli de la profession sur elle-même. Le PS ne pourra en aucun cas passer une réforme contre l’avis d’une majorité d’organisations syndicales enseignantes. Aujourd’hui il y a un repli de la communauté éducative que le PS doit transformer à force de négociations et d’échanges, en récréant des débats progressistes toujours en accord avec les enseignants.
Intervention de Samba Gueye, adjoint à l’Education à la mairie de Villeurbanne
Il faut se féliciter de ce type de débat face à des citoyens très inquiets.
Nous devons lutter contre une gouvernance brutale qui propose une école concurrentielle sur le modèle anglo-saxon, voire une école payante. Le PS et les municipalités socialistes doivent être attentifs à réhabiliter l’école de la République pour qu’elle n’encourage pas les discriminations, qu’elle garantisse la cohésion et la paix sociale.
L’école publique est et doit rester le socle sur lequel s’appuie la démocratie, socle sur lequel elle s’appuiera aussi à l’avenir grâce aux femmes et hommes à qui elle offre la connaissance.
Et nous devons nous battre vite pour la maintenir.
Conclusion de Fabienne Atlan, secrétaire fédérale en charge de la culture et des savoirs
Remercie tous les participants à ce débat, les intervenants et les organisateurs. Cette intervention s’inscrit dans la campagne lancée par Bruno Julliard le 7 avril pour mobiliser les acteurs éducatifs et conduire une réflexion globale sur le sens que nous souhaitons donner au système éducatif et à son rôle dans notre société.
L’aboutissement sera la Convention de l’Education qui sera signée à l’automne 2010.
Rappel : chacun peut contribuer en s’exprimant sur le blog « Agir pour l’éducation, par mail ou enfin par écrit via le flyer distribué en début de réunion (les adresses y figurent).
Par ailleurs, la commission éducation sera totalement renouvelée en novembre.
Fabienne fait appel au maximum de personnes pour y participer même si elles ne sont pas militantes au PS. L’idée est justement d’accueillir des publics différents, de recueillir des idées diversifiées, de croiser les avis, d’opposer les propositions. Et ainsi de contribuer activement au projet éducatif qui vient d’être évoqué.
Commentaires
Bonne soirée et merci pour ces articles! Pascal, journaliste.